"Indifférence"
Bernard Lubat à l'accordéon
Alain Minvielle au chant


"le jazz cogne, valse, virevolte, chaloupe et s'encanaille..."

A propos d’ André Minvielle …
Francis Marmande, le Monde, avril 1998
a_minvielleBatteur, scatteur, rappeur, rime-ailleurs qui bouscule les mots et les conventions, André Minvielle est sans doute une des plus jolies surprises de la scène française ces dernières années. Déjà dans le premier album de "Paris Musette", son interprétation de la "Flambée Montalbanaise" de Gus Viseur avait intrigué les amateurs du genre, familiers ou non du travail de Minvielle au sein de la Compagnie. Plus récemment portée sur les ondes, sa version Indifférence de Tony Murena et Joseph Colombo en a assis plus d'un, suspendant quelques instants le flot parfois indistinct des programmes radio. Quelque chose de saisissant se passe par Ià, indéniablement. Du jamais entendu, du tout sauf banal, qui allume le sourire et fait circuler les frissons. On a envie d'en partager davantage avec le musicien qui nous délivre ce plaisir-la. L'univers du musette va bien à André Minvielle (la Valse à Hum dans son dernier album "Canto" est aussi un régal).
Comme lui vont bien d'autres traditions populaires ou savantes qu'il explore, bouscule et réinvente avec un sens peu commun du "direct" (dans la communication, dans l'émotion, dans l'expression). De jazz en java, de mémoire gasconne en musiques pygmées, ce grand pourfendeur de mots saisit l’air du temps avec un incomparable sens de la langue et de l'improvisation.
C'est à tout cela qu'André Minvielle vous convie : une fête du chant dans tous ses éclats. L'enfance de l'art et l’art de l'enfance en même temps, sur tous les tempos. Du blues au patois, de la gaîté au déchirement.
Avec ce troubadour "vocalchimiste", le jazz cogne, valse, virevolte, chaloupe et s'encanaille. Une grande leçon de vie, indispensable.

Artiste, artisan singulier, André Minvielle brasse dans sa Vocalchimie, le rap, le slam, le scat, le musette ou l'expérimental. Sur scène, il tchatche acrobatiquement et nous fait voyager vers des territoires connus et inconnus, ceux de la mémoire et de l’altérité de la langue, des mots et des sons. Il met le public en haleine en se risquant à l’improvisation verbale et musicale. Il émerveille. Il « déterritorialise ».
Il entre et sort des territoires et des genres.
« Chanteur lyrique, poète excessif, rappeur béarnais, « scatteur » gascon … acrobate de la syllabe, génie involontaire du son, lettriste après la lettre, amant des langues, en tous sens et dans toutes les directions… »